Crêpes

La diversification : voilà bien une notion que maîtrise parfaitement la société Geyskens. Elle commença à l’époque ses activités avec un moulin à farine, pour ensuite passer aux aliments pour bétail, avant d’acquérir 1100 truies. Une belle preuve de croissance que voilà… Pourtant, la société n’a jamais cessé de penser à diversifier ses activités.

Chez Geyskens, le credo des années 1980 - l’innovation- n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. L’entreprise s’est en effet spécialisée dans le foie gras, un produit de luxe typiquement français que les Geyskens ont été les premiers à lancer sur le marché belge. Le nom de famille a été intentionnellement choisi et gardé comme nom de produit. Les premiers bénéfices engrangés grâce au moulin à farine ont été investis dans ce nouveau projet « foie gras ». Cette commercialisation de foie gras s’est toutefois heurtée à l’opposition des protecteurs des animaux. Une opposition non pas liée au gavage mais plutôt aux dimensions des cages dans lesquelles elles étaient maintenues pendant deux à trois semaines. Les cages étaient selon ces associations 1 cm trop petites ! Malgré tout, la société Geyskens ne baissa pas les bras bovenet décida de se charger elle-même de la communication tout en restant une société de type business-to-business. Faire appel à la presse n’était absolument pas à l’ordre du jour. Ce sont les contacts avec le secteur qui priment, et non pas la communication presse ! Le principe préconisé par société et inculqué à son personnel était simple : une réelle proximité avec le client. Le contact et la communication avec le client ! Être disponible auprès du client, se rendre chez lui en cas de problème et garantir le produit, qu’il s’agisse de crêpes ou de foie gras.

Diversification

Dans les années 1990, la décision fut prise d’étendre la gamme de produits au sein de la production de farine. Le moulin à farine fut totalement modernisé, devant ainsi le moulin le plus moderne de Belgique, tant au niveau de l’équipement que du système de fonctionnement. La capacité de broyage augmenta et le parc à machines fut remplacé. L’augmentation de la capacité de broyage offrait deux alternatives : évincer la concurrence ou lancer une nouveauté. Une fois de plus, les Geyskens choisirent résolument d’innover en lançant des crêpes sur le marché. Le concept était unique, la concurrence inexistante et la rentabilité garantie. Le moulin à farine pouvait également continuer à fonctionner. La production des crêpes se fait à l’aide d’un système de four à gaz fermé d’origine autrichienne et qui s’inspire du système utilisé pour les gaufres. Les crêpes sont prélevées sous vide, placées sur un convoyeur et déshydratées. Elles passent ensuite par un système de refroidissement rapide et sont emballées par paquets de 5, 8 ou 10 pièces selon la demande du client. L’avantage majeur de ce système est qu’il permet d’abaisser la température des crêpes de 130°C à 12°C en seulement 13 minutes. Ce procédé est unique et permet de ne pas ajouter de conservateurs. La qualité des crêpes est excellente. Les conditions de production sont idéales. Les crêpes sont savoureuses et tout problème d’ordre microbiologique est évité. En outre, elles se conservent pendant 30 jours et ce, sans conservateurs.

Ingrédients

Après des tests de conservation et de goût menés auprès d’un panel de consommateurs potentiels, les crêpes ont été lancées sur le marché et ont connu un franc succès. Non seulement en Belgique mais également à l’étranger. Un succès qui s’est accompagné d’une pression accrue de la concurrence. En effet, ce qui attire l’attention et qui remporte du succès fait des émules… Dans l’intervalle, certains concurrents ont déjà disparu. Une chose est certaine, l’on ne peut pas toucher aux ingrédients dans la production des crêpes. La composition est sacrée, qu’il s’agisse de la qualité ou de la quantité. Y toucher est impensable, même si cela permettrait de diminuer le prix de revient. Les crêpes sont légèrement plus chères à cause de la distribution et non à cause du prix de revient. La grande majorité est vendue à l’étranger : Pays-Bas, Danemark, Autriche et Allemagne. La France est également cliente mais ses crêpes « bretonnes » rendent le marché plus difficile.

Score élevé

Il s’agit de crêpes à dessert (19 cm) qui se retrouvent sur bon nombre de menus. La société Geyskens travaille beaucoup sous « private label » afin d’assurer un certain volume. En plus de la crêpe classique, il y a également la Foisette, une crêpe fourrée au foie gras et roulée tel un fin cigare. Là encore, innovation et audace sont les maîtres mots… Une étude comparative récemment menée aux Pays-Bas et portant sur les crêpes s’est montrée dithyrambique sur les crêpes Geyskens avec un score élevé en matière de goût et d’appréciation. Un signal clair qu’ils sont sur la bonne voie.

 

Dirk Huybrechts

Horeca Magazine

 

 

 

Quelques adresses futées:

Ty Breizh à Liège